Note d’intention de l’auteur (extraits)

Je me souviens encore de chaque vie et chaque visage du passé.

La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic.

Les flics, les condés, les keufs, les schmitts

A l’origine.

Gardiens de la Paix : Je me souviens encore de chaque vie et chaque visage du passé. Tout au long de cette exploration humaine et territoriale, j’ai découvert – et découvre encore – de véritables épopées portées par des destins particuliers, des personnages charismatiques avec une intensité dramatique et un rapport profond, charnel même, à l’époque dans laquelle nous vivons. J’ai voulu qu’une série s’empare enfin de ce sujet si fort, aller de la parole entendue à la création artistique contemporaine. Le destin de ces gardiens de la paix porte une charge émotionnelle tellement forte que le langage sensoriel de la fiction me semblait le plus approprié pour réaliser cette Première ligne.

Marie, anatomie d’un suicide.

Le suicide des policiers est devenu une tragédie tristement banale. Pour beaucoup c’est une pensée récurrente, un monstre de l’esprit qui les hante tout au long de leur carrière. L’histoire de Marie est le fil conducteur de cette fiction, l’histoire d’un suicide parmi tant d’autres. Pour une fois, une série policière n’enquête pas sur les autres mais sur eux-mêmes.

Il était une fois une femme et son prédateur.

Je fais partie d’une génération où les crimes dont étaient victimes les femmes étaient souvent tus, cachés individuellement ou collectivement. Le silence était la norme. Agressions sexuelles, violence d’un père, d’un frère, d’une communauté, violences au travail, harcèlements, féminicides… Aujourd’hui, la parole se libère enfin et se crie même parfois. Souvent la vérité simple ou complexe, est ailleurs, au-delà des mots. Primo Lévi, au retour des camp, avait dit que les véritables témoins étaient « restés » là-bas. Pour moi, c’est l’histoire de Marie. La vérité est cachée dans la mort de cette femme.

[…]

La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic. La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic.

CARAVAN PASS & LE SPECTRE

présentent

LA PREMIÈRE LIGNE

Résumé – Saison 1

 

La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic.

Décembre 2018. Paris et sa banlieue.
En pleine crise des gilets jaunes, la policière et syndicaliste Marie Bisurski organise sa propre disparition. Elle lance un message radio désespéré à l’adresse de ses collègues et en profite pour évoquer sept policiers avec qui elle a travaillé en 2005 à la brigade de Juvisy :
Manu, Alexandre, Sonia, Isabelle, Daniel, Pascal et Fabrice.

Le même jour, Manu sort blessé des affrontements avec les manifestants sur les Champs-Élysées et part à la recherche de Marie. Leur destin sont entremêlés depuis leur première affectation à la Juv A où ils ont découvert ensemble les réalités d’un métier et d’un territoire parmi les plus pauvres de France. Simultanément la police des polices commence son enquête pour retrouver la policière. Sans états d’âme, l’institution passe au crible la carrière, la psychologie et l’intimité de la disparue. Parallèlement, les sept anciens de la Juv A, dispersés aux quatre coins de France par les aléas de leur métier et de leur vie, répondent un à un à l’appel de Manu, déterminé à retrouver leur collègue et amie. Réunis chez lui, ils renouent avec leur passé, entre rires et larmes.

Des liens ont perduré entre certains mais de la méfiance aussi. Sonia, démissionnaire de la police, travaille avec Marie dans le cadre d’une association syndicale et côtoie de loin en loin Isabelle. Manu est resté en contact avec Alexandre le survivaliste, qui lui-même voit régulièrement Fabrice, également installé dans le sud-est de la France. Les membres de la bande replongent dans leurs souvenirs de Marie et dans leur vie de flic, pleines de bruits et de fureur. Entre Juvisy, Magnanville et Paris, ressurgissent les terribles nuits d’émeutes de l’automne 2005 et les attentats sanglants de 2015 et 2016.

Le corps de Marie est finalement retrouvé. La jeune femme s’est suicidée. Du côté de l’administration, les hauts fonctionnaires veulent à tout prix éviter que sa mort devienne un nouveau symbole du mal-être policier. La version officielle dessine le portrait d’une femme fragile et en colère. Du côté de la Juv A, on organise les funérailles. La complicité, la défiance mais aussi la solidarité renaissent. Le jour de l’enterrement, contre toute attente, Isabelle dévoile le secret que lui confié Marie avant sa mort.

Mars 2019. Paris et sa province.
Les sept anciens de la Juv A entament une nouvelle année. La mort de Marie Bisurski est classée sans suite mais pour la bande, il est impensable de ne pas la venger. Le secret révélé par Isabelle a dessiné les contours d’un crime enfoui, d’un abus de pouvoir et les affres d’une femme aux prises avec un prédateur, professeur en médecine, médecin-inspecteur et cadre respecté de leur hiérarchie. L’élaboration du châtiment se met en place. Il faut dénoncer publiquement le nom du responsable et, en privée, lui faire passer l’envie de détruire d’autres femmes. Une balade en dehors des sentiers battus s’impose.

(Fin de la saison 1)

– Épisode 1–
Marie, année 0

La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic.

Résumé de l’épisode :

8 décembre 2018. Un samedi, à l’aube, en France, en pleine crise des gilets jaunes, la policière et
syndicaliste Marie Bisurski fait une annonce sur les ondes police du Val de Marne. Le message
énigmatique de la trentenaire résonne comme les dernières paroles d’une suicidaire. Parmi ses
derniers mots, figure une liste de sept prénoms : Manu, Alexandre, Sonia, Isabelle, Daniel, Pascal,
Fabrice. Comme elle, en 2005, ils ont appartenu à la JUV A, brigade du commissariat de Juvisy.
Sept flics qui connaissent peut-être les raisons de sa disparition et de sa colère.

Parmi eux, Manu Gardon, policier dans une compagnie de sécurisation et d’intervention. En
l’apprenant, la matinée du même jour, il quitte, blessé, les affrontements des champs Élysées pour
partir à la recherche de Marie. Cette disparition le replonge dans son passé. Depuis le premier jour
de leur vie de flics, leurs destins s’entremêlent. Nous sommes en 2005, à Juvisy, une des villes les plus pauvres de France. La cité de la Grande Borne n’est pas loin. Les deux policiers découvrent les réalités d’un métier et d’un territoire.

9 décembre 2018, aux premières heures, la carcasse carbonisée de la voiture de Marie Bisurski est retrouvée dans l’Essonne.  A l’endroit même où deux policiers avaient été brûlés vifs le 8 octobre 2016.

Traitement :

(Pré-générique) Samedi 8 décembre 2018 : Acte IV des gilets jaunes. Le jour se lève, Paris se
prépare et se barricade. Partout, les forces de l’ordre se mettent en place. Dans un car de la CSI-75 (compagnie de sécurisation et d’intervention parisienne), un groupe d’une dizaine de policiers de la compagnie B vaque aux derniers moments de tranquillité avant la tempête. Beaucoup d’entre eux, dont Manu (35 ans), surfent sur leur téléphone portable quand d’autres s’occupent de leur matériel et discutent.

Au même instant, les premiers mots métalliques de Marie Bisurski (35 ans), brigadier à la Bac 94 (Val de Marne), résonnent dans les méandres d’un commissariat du val de marne, s’engouffrent dans le casque d’un jeune opérateur. Sur les ondes, la policière annonce qu’elle s’apprête à disparaître et délivre un message, un cri de rage à ses collègues. Le gardien de la paix tente en vain de reprendre le contact. Silence Radio. Puis, sur le réseau de la police, sont diffusés les premiers messages d’alerte aux collègues, à la direction départementale.

A suivre… La Première ligne – Episode 1

CARAVAN PASS & LE SPECTRE
présentent

La Première Ligne