Je ne suis pas le premier à écrire une série sur les policiers.  Je ne suis pas le premier à vouloir transcender ces histoires par des images cinématographiques. Les policiers sont présents partout : journaux, écrans, romans. Nous croyons tout connaître d’eux : leur métier, leurs pensées, leur vécu. Michel Alexandre et son L627, Patrick Delachaux avec ses  flics de Quartiers , Bénédicte Desforges et son Flic , chronique sans filtre, percutante,  et tellement juste sur la police en uniformes;  furent, parmi d’autres, des sources d’inspiration.  

Pourtant il n’y a jamais eu réellement de série française centrée sur les gardiens de la paix, sur cette police d’en bas, racontant l’histoire de ces hommes et ces femmes  au coeur de la Cité.  Pour la Première ligne, tout a commencé, en 1995, dans un bar banal à la gare de Sartrouville, où j’ai parlé avec mon premier flic, écouté son expérience de la violence urbaine. Au fil des années, j’ai continué mes rencontres tout en poursuivant ma route… Travail, famille et écriture.  Vingt ans plus tard, les rencontres se poursuivent et  Manu, Sonia, Alexandre, Pascal, Daniel, Fabrice, Isabelle sont devenus des personnages de fictions, des prénoms inventés, des récits de vies transformés. Mais quelque part, en France, « les véritables » continuent eux à être des flics, à affronter le métier et leur vie et à me les raconter Certains d’entre eux m’accompagneront tout au long du processus créatif car ce projet a besoin d’eux, de leur engagement, afin que, ce qui leur arrive, ce qui nous arrive, sorte de l’anonymat, pour qu’enfin la fiction rejoigne le réel.

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