« De l’art d’être policier »

Le regard de Daniel se pose au-delà des fenêtres, sur le toit des immeubles. Le corps est déjà raidi, les mains serrant la matraque. La colonne soudée, compacte, des policiers casqués s’apprête à entrer dans la cité. Daniel scrute une dernière fois l’attirail, les mains et le visage des plus jeunes, à la recherche de l’oubli, de la négligence qui peut coûter cher.

 

La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic.

DANIEL (« Les bons tuyaux »)

45 ans – Commissariat A – Ouest de la France

« Heureusement qu’il était là. On avait le même âge mais il était des quartiers. Très vite il avait ses bons plans, les bons cousins et surtout la bonne parole. »

(Pascal sur Daniel, 2015)

Dès le premier dialogue,  la parole est facile.  Il me raconte avec lucidité et sérénité le métier et  ses coulisses.  Daniel, aujourd’hui flic de province, père de famille, est de ceux qui ont appris du terrain, des coups et des erreurs.  Il est de ceux qui ont écouté les anciens et qui veulent maintenant transmettre aux recrues. Pourtant, au fil des rencontres, derrière les apparences, je vois que même pour Daniel, « le professeur », les blessures intimes refont surface : le souvenir des émeutes urbaines des années 2000, de l’incompréhension de la hiérarchie et de la famille, ne s’efface pas du jour au lendemain. Comme tous les autres, Daniel doit lutter pour trouver sa place hors de l’univers policier.  

YANN

Soutenir la première ligne

Découvrez comment soutenir le projet

SOUTENIR LE PROJET