« Celui qui protège les hommes »  

Le teint pâle, les cernes marqués, la fatigue d’Alexandre est flagrante; le rétroviseur renvoie son regard de colosse exténué par cette nuit d’émeute. Il fixe le feu rouge qui s’éternise. Passage au vert. La voiture sérigraphiée conduite par Pascal repart lentement vers la bâtisse massive d’un hôpital de banlieue.

La Première Ligne - 7 personnages, 1 commissariat, 20 ans de vie de flic.

ALEXANDRE – (« Dark Vador »)

50 ans.
Démissionnaire de la police en 2016.
Habite à Périgueux chez ses parents. Originaire du sud de la France. Ami d’enfance de Fabrice. Famille d’agriculteurs, patriotes et gaullistes. Une enfance nourrie des récits d’une famille d’anciens résistants. A 18 ans, il s’engage dans l’armée 10 ans où il connaîtra l’épreuve du feu en Ex-Yougoslavie et en Afrique. Mastodonte, taiseux, charismatique. Il s’est construit une personnalité de loup solitaire. Tireur d’élite et motard. A la JUV A, il est le chef, le «  père  ». En 2005, il prend sous son sa protection Marie et Manu. Il donnerait sa vie pour ses hommes. Mais pour Alexandre, la fin de la JUV A, sa frustration de ne pas pouvoir endiguer la violence et les malheurs de son ami Fabrice sonneront le glas de sa vie de flic. Après les attentats de 2016, il choisit la solitude et se prépare aux prochains conflits sur le sol de France. 2018 : Alexandre est un survivaliste mais continue de prendre des nouvelles de sa JUV A, de rendre visite aux uns et aux autres et de soutenir Fabrice pour qu’il ne sombre pas totalement. Retrouver Marie sonne comme une évidence pour l’ancien chef de la JUV A.

« Parce qu’il parle moins que les autres, certains le décrivaient comme un mec froid, hautain. Pour moi, il est tout le contraire. Il est le premier flic que j’ai admiré. »

(Manu, à propos d’ Alexandre, 2015)

Pour rencontrer Alexandre, je dois traverser la France, me rendre sur des terres paysannes, loin des foules. Sans me connaitre, il me reçoit chez lui et nous partageons un excellent repas. Instantanément, par son physique de forteresse,  son regard intense, je vois que mon flic a aussi été un militaire. Lentement,  il me  raconte son métier, son amour de la nation, sa passion pour les armes,  mais surtout ses camarades des champs de bataille à l’étranger et des commissariats de banlieue. Solitaire et peu bavard, il porte en lui des images douloureuses.

En le quittant ce premier jour, je sais que je le reverrai et tenterai de connaître et comprendre le soldat qu’il est resté, résigné sur les hommes et le réel.

YANN

CARAVAN PASS & LE SPECTRE
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